c'est
toujours
plus ou moins
comme ça
quand
je sors
de chez toi
avec la chemise
de la veille
et le découragement
de chaque jour
je suis
enveloppé
de brume
et les gens
s'affairent
le vendeur
de téléphone
qui fourgue
son forfait néo
à l'adolescent
les contractuels
aux yeux
vitreux
qui me verbalisent
chaque putain
de matin
et les arabes
en survet
et les agents
immobiliers
et les juifs
de l'école
consanguine
les chefs-op
sur la terrasse
du charbon
la galeriste
et son fils
en smart
je voudrais
tous
les saigner
et retourner
la lame
contre ma
carotide
tu pourrais
aussi bien
baiser
avec l'un
d'entre eux
ou plusieurs
quand je serai
dans la fosse
commune
avec les sceptiques
[cette blague
n'est même pas
de moi]
con sanguin
rue de nemours
au sol
près de
l'horodateur
11h54
j'aimerais
me faire
piétiner
par ce peuple
qui fait
marcher
l'économie
qui consomme
ce qu'il peut
en organisant
le mieux
possible
sa vie
de merde
LE PIRE
c'est qu'il
m'arrive
certains soirs
grisé par
quelque vin
de jalouser
les bourgeois
qui ont
le temps
de s'occuper
de la beauté
autour d'eux
et aussi
je jalouse
ceux
qui ont
les moyens
de faire
qui ont
la force
de se dire
ok
ça marche
comme ça
essayons
de briller
j'envie
les affranchis
de tout scrupule
ILS SAVENT
POURTANT les primes d'intéressement sont des grenades dans le cul des clients et aussi de ceux [comme moi] qui n'ont rien pour acheter je vis en occident parce qu'on a pour l'instant rien trouvé de mieux en matière de sécurité physique mais il en est de la santé collective comme du palmier qui abandonne ses branches inférieures pour rester à peu près vert techniquement il doit être impossible d'être bourgeois sans se sentir assassin enfin j'imagine comme j'imagine aussi qu'on ne peut s'abaisser à la laideur du monde quand on peut s'offrir un environnement un peu plus coquet que les forêts qui ont vu naître notre race maudite reste l'amour et l'art mais comment jouir ou produire sans le faire au détriment des autres le bras d'un peintre de cour s'est-il déjà senti bloqué par la culpabilité mon amour je déraille j'aime me coucher à tes côtés et quand tu es là j'oublie le non-sens de ma vie mais il suffit que je sorte ou que je me retrouve seul plus de 10 minutes pour réaliser l'ampleur du désastre je ne veux rien vendre à personne JAMAIS et j'ai peur de mourir de faim et j'ai peur que tu ne me laisses plus te toucher quand tu sauras vraiment quel raté je suis à quel point je manque de moyens pour mettre devant tes yeux la beauté qu'ils méritent quant à mon aptitude effective au bonheur dans ce monde là elle est comme mon coeur qui ressemble à une grosse cloche sans battant dont on ne sait pas si elle est faite d'or ou de carton retour